Equivalence du permis B pour conduire une moto de petite cylindrée, apprentissage accompagné de la conduite... Ces mesures sont censées garantir l'accès à la conduite au plus grand nombre. Elles soulèvent malheureusement le problème du contenu formateur, déjà rencontré lors de la préparation traditionnelle au permis de conduire. Comment se prévaloir d'avoir suffisamment d'expérience et d'autonomie après seulement 20 heures de formation au volant d'une voiture? Quid de la conduite de nuit, dans le brouillard, de l'adaptation aux conditions de circulation en zone inconnue, ou aux conditions météorologique?

C'est au nouveau conducteur qu'il incombera d'assimiler tous ces facteurs, alors même qu'il se retrouve au volant d'un véhicule parfois puissant (voiture des parents avec un moteur de 90 ou 110CV), et de toute façon totalement différent de celui sur lequel ils auront fait leurs premières armes. C'est à lui aussi de comprendre le comportement des autres usagers, et des autres types de véhicules... Camion, moto, cyclo, fourgon, attelage... Tous ces véhicules ont un comportement routier bien spécifique. Le camion aura énormément d'inertie, une capacité de manoeuvre réduite, alors que la moto, très mobile et puissante (au regard de son poids) aura au contraire une grande facilité à se faufiler et une capacité de freinage souvent supérieure à celle d'une voiture.

Le recours à des moyens technologiques tels que les simulateurs n'est malheureusement pas à la portée de toutes les bourses ou de toutes les structures d'apprentissage de la conduite dans notre pays. Il permettrait pourtant de faire prendre conscience de manière efficace les différents aspects de la conduite, à l'image de ce "kit de la conduite accompagnée" (que je nommerai ainsi faute de produit équivalent dans notre pays) distribué aux Etats-Unis.

Et dans le cas des structures proposant l'apprentissage à la conduite sur différents types de véhicules, pourquoi ne pas proposer (ou même imposer), une approche de chaque type de véhicule (une heure de conduite d'un camion ou d'une moto sur plateau pour un élève apprenant à conduire une automobile par exemple) pendant l'apprentissage? Cela aurait au moins pour effet d'aider tous les usagers à mieux se comprendre car ayant une approche plus raisonnée des contraintes liées à chaque type de véhicule, et par là à partager la route de façon plus raisonnée.

Car c'est au cours de la formation que seront acquis les premiers réflexes, et aussi imparfaite qu'elle puisse être sur le plan du contenu, il existe des solutions faciles à mettre en oeuvre dans beaucoup de cas.

Pour ce qui est de la conduite dans des conditions particulières, c'est aux centres de formation et aux autorités de prendre conscience du problème et de s'en saisir à bras le corps. Pour le cas des formations au permis moto, dont le milieu est empreint d'une forte activité "sociale", il serait facile de s'appuyer sur le tissu local pour organiser des rencontres avec des motards confirmés, susceptibles d'emmener les stagiaires pour une petite virée en SDS au cours d'une soirée du type "concentration" de motos, avec l'appui des forces de l'ordre pour sécuriser le convoi, suivie d'une séance sur route barrée pour l'occasion, avec les machines de l'auto-école. Cela permettrait en outre une intégration plus rapide des "aspirants-motards" au sein de la communauté motarde...

Vision utopiste où chacun mettrait du sien pour que tous puissent avoir accès à une formation plus efficace et plus complète...