"Notre objectif, doubler le nombre de PV aux motards" - Jean-Jacques DEBACQ (directeur du projet interministériel de contrôle automatisé)

A la lecture de cet article, on peut se dire que les forces de l'ordre ont reçu pour consigne de frapper, et de frapper fort, pour contraindre les motards à réduire leur vitesse.

Petit rappel: les différentes campagnes de sensibilisation, de prévention, et une répression toujours plus "efficace" ont permis de réduire le nombre de tués sur les routes. Seul "mauvais élève", le monde du deux-roues motorisé continue de payer le plus lourd tribut, en particulier en agglomération, mais également en fonction du type de deux-roues (les moyennes cylindrées semblent être les plus concernées par les risques d'accident, notamment par leur forte représentation dans le parc)

Alors, la prévention a elle atteint ses limites? N'y a il que la répression pour essayer d'améliorer la sécurité des deux-roues?

Ce n'est pas tant cela qui choque, que le fait de sanctionner plus encore.

Reprenant les termes de l'article, plus de 1,2 millions d'infractions imputables à des motards ont été relevées en 2007. En raison d'un problème de lisibilité des plaques, mais aussi de l'absence de plaque à l'avant des motos, seules 50.000 infractions ont abouti à un PV.

Plus qu'un cri d'orfraie contre le "tout-répressif", il est peut-être intéressant de noter que ces éléments constituent une sorte d'impunité "de fait" pour les deux roues. Non-verbalisables, certains se permettraient plus facilement des écarts de comportement sur les routes, et les solutions envisagées (PV à la volée, retournement des radars, radars-tronçons...) engendrent chez certains des hauts-cris.

Majorité ou minorité, ceux qui crient à la chasse aux sorcières devraient peut-être penser à balayer devant leur porte. Car LA seule solution éprouvée pour échapper au PV n'est elle pas tout simplement de respecter les règles, de se plier aux limitations imposées par le code de la route?

La majorité des motards se disent "raisonnables", alors en quoi une telle politique est-elle gênante? Pour ceux qui ne sont pas en infraction, quels que soient les moyens mis en œuvre en terme de prévention ou de répression, les risques d'être sanctionné sont quasi nuls (sauf erreur de mesure par exemple). Pour les autres, ceux pour qui la prévention ne sert à rien, peut-être que le seul moyen est de les frapper au portefeuille, là où ça fait vraiment mal, pour protéger les autres, mais aussi pour les protéger d'eux-mêmes.

N'en déplaise aux fans du chrono, du stunt, du burn, ou tout simplement de l'équipée sauvage, être motard ne se résume pas, pour la majorité des usagers de deux-roues (moto, scooter ou autre), à se jouer des règles, à conduire selon son bon vouloir sans prendre en considération les autres, mais bien à avoir la plaisir de conduire un engin au guidon duquel on se fait plaisir, sans pour autant constituer une gêne ou un danger pour soi ou pour les autres...

Partager la route en bon intelligence, quel que soit le moyen de transport retenu, c'est le meilleur moyen d'arriver vivant et en un seul morceau à bon port. Les motards sont en première ligne, et reprochent souvent aux "caisseux" de les mettre en danger. Il est peut-être temps de balayer devant notre porte, et de se remettre aussi en question en se demandant si le comportement que l'on adopte n'est pas notre première source de danger.

Et pour ce qui est du PV, une seule règle à retenir: les règles sont les mêmes pour tous selon le principe d'égalité cher à nos institutions. Et nul ne doit pouvoir échapper à ses responsabilités devant la loi, même (et surtout) pour de simples raisons techniques.