Balades à moto et réflexions sur la route

Balades, roadbooks, matériel et impressions

17 août 2008

Techniques de conduite d'une moto (en Anglais)

Je place ce lien dans la catégorie "La Route", même s'il aurait sa place dans "la sécurité routière" ou "la moto", parce que cette place me semble la plus adaptée.

Il s'agit d'un site réalisé par Raymond Wood, qui explique clairement et simplement les difficultés liées à la conduite d'une motocyclette. Bien illustrée, bien expliquée, chaque manoeuvre devient plus claire. Attention toutefois: ce site est rédigé en Anglais, et les schémas concernent la conduite d'une motocyclette sur le côté gauche ou droit de la route selon l'accès au site! Il vous faudra donc à la fois être sûr de votre compréhension de la langue de Shakespeare et faire si nécessaire la gymnastique mentale nécessaire pour adapter les illustrations à la conduite à droite!

J'ai contacté l'auteur et obtenu l'autorisation de me servir du contenu de ce site pour alimenter ce blog, en proposant une traduction et une adaptation de celui-ci pour la France (conduite à droite, et non à gauche comme sur les illustrations). Une nouvelle catégorie, "la conduite", va donc voir le jour dans ce blog dans les prochaines semaines, une fois la traduction effectuée.

Voici le lien vers MotorCycle Riding Techniques (version "conduite à droite")

Bonne lecture!

Posté par SylvainT à 10:32 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 juillet 2008

Conduire une 125 en Irlande et au Royaume-Uni avec son permis B

Le permis B autorise la conduite d'une 125cc en France, par équivalence.

En France, oui, mais le texte de référence explique clairement que cette équivalence est restreinte au territoire national...

Alors quid d'un voyage en Irlande du Nord et en République d'Irlande pour ce qui concerne la version légale... Peut-on sillonner les routes de ces deux pays avec notre équivalence B?

J'ai contacté directement les autorités responsables des permis de conduire de ces deux pays pour obtenir des informations de première main, car sur les forums, on trouve à boire et à manger... Oui, mais non, mais peut-être, mais ça dépend...

A un moment, il vaut mieux s'adresser directement au bon Dieu plutôt qu'à ses Saints, comme aime à me le répéter mon père...

Voici tout d'abord la question que je leur ai posée:

<<Dear Sir, Madam,

I am currently planning a trip to Ireland with a few friends of mine (that would be between 7 and 10 persons and as many motorcycles).

We all ride 125cc Varaderos and hold French B driver's licence (car), which grants us the right to ride our motorcycles in France.

I would like to know if this equivalence would be valid for us to travel to Ireland, and, if not, which way would be the most appropriate for us to fulfill our project.

Thank you in advance for your answer.
>>

Et la réponse de l'administration Irlandaise:

<<Hi Sylvain

You will all have to have full valid French licenses to drive in Ireland with the correct categories to drive a motorcycle.>>

Petit complément d'info, je lui ai envoyé ce second message:
<<Dear Sir, Madam,

Thank you for your quick answer.

My driver's licence holds the following mentions: EXA for the B
category, and EQU for the A1 category. Would this be sufficient for
riding my 125cc in Ireland?


Thank you again,>>

La réponse officielle:
<<
Hi Sylvain

This would be sufficient to drive a 125cc bike here on the A1 but nothing greater than this>>

Bilan des courses, pour l'Irlande pas de problème, il suffit que le permis porte la mention A1 validée, sans restrictions (attention aux anciens permis qui portent au dos une restriction à 80cc boîte automatique!)

Pour le Royaume-Uni, la réponse est plus détaillée.

Voici déjà la réponse à ma première question:
<<
Thank you for your email. 

The second European Council Directive on driving licences (91/439/EEC) which came fully into force in Great Britain on 1 January 1997 changed the arrangements for drivers who move between Member States. Licences are now mutually recognised throughout the European Union (EU) and, whilst they remain valid, need not be exchanged for the national equivalent. This means that individuals may drive all the categories of vehicles shown on their valid French licence until it expired or until they reach the age at which British renewal is required.

I should point out that this provision extends only to the entitlement shown on the licence, and does not extend to implied entitlements. If category A1 or A is not shown on the French licence the driver will be unable to ride a motorcycle up to 125cc in the UK using this licence.

To be able to ride such a vehicle in this country the driver will need to complete a D9 application for a GB counterpart licence form and return it together with their French licence to the DVLA stating that they want a provisional entitlement to ride motorcycles.

The French licence will then be returned to the applicant together with a counterpart document that will then enable them to apply for the CBT test. Once the CBT has been completed the driver can then ride a motorcycle up to 125 cc under provisional(learner) conditions. If the driver in question wants to ride such a vehicle as a full licence holder they will need to pass the appropraite driving test.

Alternatively, as a resident, the driver can exchange their French driving licence for a British one and then apply for the CBT test.

I hope this is helpful.>>

Réponse après avoir précisé aux autorités Britanniques que mon permis porte la mention EXA pour le B, et EQU pour le A1:

<<Thank you for your email.

I can advise that this will not enable you to ride a 125cc on your french licence, however if you exchange your Full French licence for a Full UK licence this will automatically give you provisional entitlement for a 125cc motor cycle as a learner driver.

I hope this helps.>>

Pour résumer, ces réponses rejoignent, en plus détaillées, la version irlandaise, c'est à dire que le permis de conduire Français est valable au Royaume-Uni pour les catégories validées par examen uniquement, l'équivalence n'est donc pas reconnue en Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord.

Pour résumer, l'équivalence (EQU) du permis A1, portée sur votre permis de conduire Français, vous permet de rouler avec votre 125 en République d'Irlande mais pas au Royaume-Uni

En espérant que cela vous permettra d'envisager la découverte de l'Irlande au guidon d'une 125 dans les années à venir... Pour y avoir passé deux ans, je peux vous dire que ça vaut franchement le coup de s'offrir une traversée...

Posté par SylvainT à 09:01 - La route - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juillet 2008

Routes & Motards

Ce lien-ci, je le mets dans la catégorie "La Route". Il s'agit du site de Routes & Motards, les réalisateurs d'un DVD que je vous invite à acheter pour la beauté des images et la variété des roadbooks proposés... Un régal pour les yeux et plein d'idées d'itinéraires pour ceux qui veulent dévorer du bitume.

logo

Un grand coucou à toute l'équipe de R&M, au plaisir de partager un bout de bitume avec vous quand l'occasion se présentera!

En prime, un extrait de vidéo, en Bretagne bien sûr, juste pour vous mettre l'eau à la bouche...

Posté par SylvainT à 13:58 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2008

Motorisation

Petite digression pour s'intéresser à un concept de moteurs à air comprimé imaginé par un inventeur de Carros, dans les Alpes Maritimes. Concept exclusivement destiné aux voitures actuellement, mais décliné également sur des modèles de véhicules industriels,, moteurs de bateau et autres... A quand une Vara à air comprimé?


MDI - Voiture à air comprimé
envoyé par svgibson

Posté par SylvainT à 02:42 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2008

Le Crash (6) - Appréhensions

Avoir mal, souffrir au quotidien, suivre un traitement contre la douleur et ne rien pouvoir faire pour accélérer le processus de guérison...

Je n'aurai jamais pensé que ce soit si difficile moralement de tenir le coup...

Depuis quelques semaines, je ne suis plus bon à rien... Je tourne en rond, cherchant un moyen d'avancer, de me projeter vers l'avenir...

L'incertitude... Voilà ce qui pèse le plus. Combinée à la solitude, elle vous plonge dans un marasme surprenant. Ne pas savoir si le processus de guérison se déroule bien, entretenir des doutes... Avoir en permanence cette question dans la tête: vais-je récupérer à 100%?

La douleur est pénible à supporter: sensation de brûlure au niveau de la plaque métallique, gonflements, démangeaisons... C'est comme si les terminaisons nerveuses à ce niveau venaitent de se rendre compte de la présence de la plaque et tentaient d'attirer mon attention.

"Hé, le cerveau! Hého! Y a un truc bizarre là. Ca y était pas avant! Faut nous virer ça, ça prend toute la place...

...

Dis, tu nous écoutes? Y a un truc bizarre on te dit...

...

Bon, faut qu'on le vire ou bien quoi? Non, parce que ça n'a rien à faire là ce truc. C'est pas normal."

Et ça en permanence. Les antalgiques calment partiellement la sensation de douleur, mais partiellement seulement.

Et ne pas savoir, avoir peur d'un problème et envisager le pire, un rejet ou une infection au niveau de la plaque, ça vous mine...

Peut-être que ce n'est rien après tout, que cette douleur est normale, tout comme le "jeu" que je ressens dans les articulations au moindre mouvement, celui qui fait "craquer" ma cheville...

Les tendons aussi, qui se réveillent mais ne retrouvent pas leur place normale, faute de vascularisation des articulations pendant une longue période... Ceux qui envoient des décharges dans toute ma jambe, jusque dans l'aine...

Comment rester serein dans ces circonstances, comment ne pas perdre la tête quand ces sensation durent depuis plus de 5 semaines maintenant, et vont crescendo?

Avoir peur de perdre une partie de ma mobilité, de ne plus pouvoir exercer les activités qui me plaisent: la voile, la planche à voile, la moto...

Avoir peur du lendemain, de devoir peut-être marcher avec une canne pendant plusieurs mois... Peur enfin de voir des débouchés professionnels se fermer devant moi... Ne plus pouvoir remplir les fonctions d'encadrant voile, de ne plus pouvoir naviguer comme je le faisais avant, en cherchant la limite, mais devoir rester prudent en permanence, pour ne pas abîmer une jambe qui a déjà été cassée...

Mardi prochain, je revois mon chirurgien. J'espère entendre de bonnes nouvelles, mais j'ai peur de son verdict. S'il doit m'enlever la plaque prématurément, ce sera l'affaire d'une journée pour entrer à la clinique, subir l'intervention et ressortir le soir même. Une paille à côté du reste, mais quelle paille! Car ensuite ce sera à nouveau les piqures à domicile, et une jambe à nouveau fragilisée, à laquelle il faudra que je fasse à nouveau attention. Cela repoussera d'autant mon retour à l'autonomie...

Pouvoir à nouveau me déplacer seul, reprendre le volant, rechercher un nouveau guidon... Préparer ma prochaine monture, reprendre le travail... Et surtout arrêter de tourner en rond, rompre l'isolement auquel je suis contraint depuis plusieurs mois...

Vivement mardi, que je sache à quoi m'en tenir...

Posté par SylvainT à 14:46 - La route - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le crash (5) - Conséquences morales

Première conséquence: je suis devenu intolérant pour ce qui concerne la sécurité routière. Auparavant, je m'imposais des règles très strictes avant de prendre la route, et sur la route: pas d'alcool au volant, pas de vitesse excessive, ne pas rouler au-dessus de mes capacités.

Bien sûr, comme tout le monde, je me suis parfois laissé emporter, mais jamais consciemment.

Ces règles, je me les suis imposé depuis le jour où j'ai obtenu mon permis de conduire. Raison peut-être pour laquelle j'ai été épargné par les accidents jusqu'à maintenant, même si c'était parfois limite, je n'ai jamais franchi la ligne qui aurait fait de moi un assassin potentiel.

Et aujourd'hui, j'ai l'impression d'exiger la même chose des autres. Je ne comprend pas l'inconséquence qui devait pourtant être la mienne avant l'accident.

Je serai partisan de la tolérance zéro pour toutes les infractions, pour une répression plus efficace et une responsabilisation accrue des conducteurs. J'en ai marre d'entendre dire "C'est pas ma faute... Et puis si les autres font telle ou telle bêtise, pourquoi je ne ferai pas pareil?"

Ca me hérisse de lire ou d'entendre ces propos, de voir tous ces gens qui clament aut et fort qu'ils ont les mêmes droits que tout le monde...

On oublie un peu vite qu'en contrepratie de ces fameux droits, nous avons tous des obligations, et que la première d'entre elles, avant même le respect du code de la route et de la loi, c'est le respect des autres, qui ont eux aussi des droits.

Pour ma part, j'ai le droit d'attendre que le réseau routier ne deviennent pas un lieu de débauche où les infractions sont tolérées... Et en contrepartie, j'assume le fait que dès que je prend la route je deviens responsable de ma propre sécurité, mais aussi de celle des autres usagers, qu'ils soient piétons, motards ou automobilistes.

Anticiper, être prêt à réagir à l'imprévu, maîtriser sa vitesse, sa trajectoire, rester conscient de son environnement, ce n'est pas une sinécure, mais c'est la base du partage intelligent de la route.

Alors entendre dire que "l'autre" a mal réagi, c'est pour moi l'aberration ultime, le déni de ses propres responsabilités. Car on ne devrait pas avoir à "réagir"...

Une réaction est toujours le résultat d'une "action", c'est une loi universelle. Et si cette action avait été correcte, la réaction n'aurait pas eu lieu d'être... Et l'accident aurait pu être évité.

Comment se prévaloir d'une forme de préscience qui nous permet de prévoir comment l'autre va réagir à une manoeuvre initiée par soi-même? Comment être sûr qu'il a la même analyse de son environnement que celle qu'on lui prête?

C'est impossible, et malheureusement l'une des premières causes d'accident peut-être...

On condamne l'alcool, la vitesse, l'inconscience, la fatigue. On oublie souvent l'excès de confiance en soi, et le procès d'intention que l'on fait aux autres en essayant de deviner comment il va agir...

Nous ne sommes pas tous égaux devant la circulation: certains manquent d'expérience, certains sont distraits par nature... Tous ces facteurs devraient nous alarmer et nous faire comprendre que si nous ne changeons pas nous-même notre comportement, nous n'avons pas le droit d'exiger des autres qu'ils fassent les mêmes efforts...

Posté par SylvainT à 08:03 - La route - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 janvier 2008

Le Crash (4) - Réflexions sur le concept de responsabilité

Ne voyez pas dans ces propos un coup de gueule, mais plutôt une réflexion devant le traitement des accidents en France aujourd'hui, alors que l'on cherche à rétablir les bases du civisme dans notre société. Simplement quelques incohérences à mon sens, et quelques aberrations dans le traitement des accidents de la route.

Coupable
: Qui a commis quelques faute, quelque crime

Responsable: Qui doit répondre de ses propres actions ou de celles des autres, qui doit être garant de quelque chose

Voilà pour les bases, mais appliquer la distinction est bien moins évident qu'énoncer ces deux définitions.

Aujourd'hui, la sécurité routière en France semble peiner à faire assimiler cet état de fait aux usagers de la route. Plus de 80% des conducteurs se disent plus que compétents. Et pourtant, le nombre d'accident, certes en diminution, est toujours très élevé.

La première cause d'accident selon les usagers interrogés par la sécurité routière? Les autres, tout simplement. Leur manque de maîtrise du véhicule, leur incapacité à supporter l'alcool et à maîtriser ses effets, leur inconscience... Bref, les autres et leurs défauts.

A croire que le conducteur français est dans 80% des cas un super pilote, qui maîtrise son objet avec une dextérité à faire pâlir les pilotes professionnels...

Pour s'en convaincre, il suffit de regarder autour de soi quand on prend le volant. Entre ceux qui vous collent au train pendant des kilomètres, et ceux qui essorent la poignée de gaz pour vous déposer à plus de 150 km/h, tout le monde semble avoir suffisamment de confiance en soi pour se permettre un comportement aberrant.

Etrangement, il existe une dichotomie entre le discours tenu et le comportement. En effet, se comporter de cette façon revient à reconnaitre que l'autre saura "réagir" lorsque vous vous retrouverez en promiscuité avec lui, alors même que dans votre esprit, vous le condamnez pour ne pas savoir maîtriser son véhicule. Etrange contradiction entre les termes et les faits.

Et lorsque l'accident survient, on en rejette toujours la faute sur l'autre, en oubliant par là qu'avant la collision, c'est tout un ensemble de facteurs qui se sont conjugués pour rendre celle-ci inévitable.

Pour prendre l'exemple de mon accident, au regard du code de la route, le conducteur de la voiture est seul coupable des faits: il s'est engagé dans l'intersection sans contrôler si un véhicule arrivait de sa droite, me refusant une priorité et, pire encore, franchissant au passage la ligne blanche de séparation des voies de circulation. Mais les "responsabilités" de l'accident ne s'arrêtent pas là. L'infrastructure aussi est en cause: la signalisation n'est peut-être pas assez claire à cet endroit, et la mise en place d'un muret de séparation en lieu et place de cette ligne continue au sol aurait permis d'empêcher la voiture de s'engager dans ma voie de circulation. Moi aussi, j'ai une part de responsabilité dans l'accident. Non pas par défaut de maîtrise de la moto. Une voiture qui surgit à 30 mètres sous votre nez, quand il n'existe aucun échappatoire pour se faufiler devant ou derrière elle et éviter la collision, je ne vois aucun moyen d'éviter le choc quand vous arrivez à 70 km/h. Même avec les meilleurs réflexes du monde, entre le temps de réaction et le freinage effectif, le choc est inévitable. Bien heureux déjà d'en être sorti vivant et d'avoir pu limiter les dégâts.

Ma responsabilité à moi, il faut remonter avant l'accident pour l'établir. En partant du bureau, j'ai décidé de prendre la RN113 pour rentrer à la maison, au lieu de prendre l'A55 ou de passer par le Rove, comme je le fais le plus souvent. A cause du mistral, j'ai pensé que ces deux routes risquaient de s'avérer dangereuses, alors j'ai choisi un trajet un peu plus long, mais où les effets du vent seraient moins dangereux et celui-ci mieux orienté.

Mais on peut encore remonter à une dizaine d'heure avant, lorsque j'ai quitté la maison le matin pour me rendre au bureau. J'avais hésité à  prendre la voiture pour me rendre au bureau, ce qui aurait été plus sûr. Seulement voilà, j'ai estimé que la moto serait plus agréable.

C'est là que réside ma part de responsabilité.

Aujourd'hui, quand je lis sur des forums des appels à l'aide d'automobilistes qui ont été pris pour grand excès de vitesse et cherchent un moyen de conserver leur permis de conduire à tout prix, ou les témoignages de personnes qui, par leur comportement, ont provoqué un accident, je suis effaré de constater à quel point on se dé-responsabilise. C'est toujours de la faute des autres... La faute au radar, parce que la police devrait avoir mieux à faire que contrôler la vitesse des véhicules; la faute au motard qui a déboulé à 110 en plein virage, prenant le point de corde, alors que soi-même on est arrivé un peu fort et qu'on s'est déporté le long de la ligne blanche par excès d'optimisme; la faute à l'abruti qui s'est fichu en l'air en essayant de dépasser votre Scénic HDI alors qu'il ne maitrisait pas les 50 CV de sa Saxo; la faute au piéton qui s'est engagé au feu alors que vous arriviez, certes un peu vite, mais s'il ne s'était pas engagé vous ne l'auriez jamais percuté.

La faute des autres, qui n'ont pas su réagir à votre présence et à votre conduite...

Ce qu'on oublie à chaque fois, c'est que les autres ne font  que "réagir". Or, cette réaction est obligatoirement le résultat d'une action, votre action, mon action. Celle qui a conduit aux circonstances de l'accident. Et cette action est la seule que l'on puisse maîtriser. On ne peut jamais être sûr à 100% de la façon dont l'autre va réagir, juste présumer de ce que l'on ferait à sa place. Mais on n'y est pas à la place de l'autre, on ne sait pas ce qu'il a pu estimer de la situation, s'il a bien assimilé tous les facteurs environnementaux ou non.

L'être humain est ainsi fait qu'il est faillible, et fragile qui plus est. Malgré la plus grande expérience qui soit, tout le monde peut commettre une erreur, qui conduira peut-être à un drame. Un chien qui traverse la route, une rafale de vent qui déporte un cycliste ou un motard, Un marquage au sol tardif et à demi-effacé sur la chaussée en pleine nuit, des gravillons ou une plaque de verglas en sortie de courbe... On ne maîtrise jamais à 100% son environnement...

Et cela conduit parfois à des collisions plus ou moins graves, des vies brisées ou mises entre parenthèses le temps du rétablissement. Tout ça par manque de civisme à mon sens. Car le civisme, c'est pourtant simple à comprendre: c'est d'assumer ses devoirs pour pouvoir se prévaloir de ses droits. Le devoir d'un usager de la route ne se limite pas à une simple observation des règles du code de la route. Il va bien au-delà. Le permis de conduire, c'est une autorisation d'emprunter le réseau routier en cohabitation avec les autres usagers. Par là, il s'agit d'une responsabilité très lourde: celle d'assurer sa propre sécurité et celle des autres. Il ne s'agit pas d'un brevet sanctionnant une capacité à maîtriser son véhicule en toutes circonstances.

Alors quand j'entends dire qu'un petit verre ne fera pas de mal tant qu'on reste en-dessous de la limite légale autorisée, qu'un petit pétard ça détend avant de prendre le volant, que de toute façon, on maîtrise suffisamment pour se sortir de toutes les situations potentiellement dangereuses, ça me met hors de moi.

Et quand je vois avec quelle facilité on admet que la violence routière est "acceptable", par une reconnaissance tacite des facteurs qui la font exister, je n'en reviens pas de la bêtise des pouvoirs publics.

L'éducation pourrait sans doute être améliorée, mais la répression pourrait aussi être plus efficace.

Combien de personnes isolées se retrouve plongées dans une situation précaire, incapables de se déplacer à la suite d'un accident, avec les tâches quotidiennes à assurer et les tracas administratifs qui s'accumulent sur elles, quand le coupable s'en est tiré sans une égratignure et continue à conduire parce que la justice attend le rétablissement ou la consolidation de la victime pour sanctionner la faute? Combien de vies à reconstruire parce que les séquelles de l'accident empêcheront d'exercer une activité professionnelle? Et la sanction se borne à un dédommagement pécunier, parfois assorti d'une suspension ou annulation de permis de conduire, voire d'une peine de prison.  Pour le coupable, ce sera parfois longtemps après l'accident que le prix à payer sera établi. Pour la victime, la sanction est iimmédiate, alors que sa faute ne sera parfois que d'avoir utilisé son véhicule pour se déplacer.

Le coupable, lui s'en tire bien dans les premiers temps, n'assumera pas les tracas subis par la victime à cause de son erreur. Et quand il aura constaté qu'il n'est sanctionné que par une suspension de permis de conduire et qu'il peut s'en sortir en faisant un chèque, la sanction lui paraitra parfois acceptable. Et il recommencera, car il s'en sera sorti à bon compte. Pour la victime, le prix à payer sera peut-être à vie, alors qu'elle n'est pas coupable.

Pour prendre conscience des tracas que peut occasionner un accident immédiatement après qu'il se soit produit, le coupable, une fois sa culpabilité avérée, devrait être contraint à assister une victime d'un accident similaire au sien, pendant un temps équivalent à celui pendant lequel sa victime aura à affronter les affres de l'accident. Démarches administratives, visites à l'hôpital pour suivi de son évolution, tâches ménagères, courses alimentaires... Autant de choses que la victime ne pourra pas assurer comme avant en raison des effets de l'accident. Et affronter ces problèmes en même temps que la victime d'un accident permettrait peut-être de faire prendre conscience des conséquences réelles et immédiates de l'accident.

Aujourd'hui, c'est toujours à la victime de payer, de ne pas savoir de quoi demain sera fait, de ne pas savoir quelles seront les conséquences et les séquelles de l'accident, ni combien de temps il aura à les subir, alors que le coupable continue à vivre comme avant tant que son cas n'a pas été jugé. Alors lui imposer ces contraintes, en attendant la sanction définitive du tribunal, semble un tribut certes parfois lourd à payer, mais plus juste que la situation dans laquelle les victimes se trouvent seules plongées... Des travaux d'intérêt particulier au bénéfice de la victime, qui se trouverait ainsi épaulée pour affronter les conséquences de l'accident dans l'attente d'un jugement des professionnels de santé pour sanctionner les conséquences de l'accident sur la victime, mais aussi d'un jugement du tribunal vis-à-vis de la personne qui s'est rendue coupable de l'accident.

Voilà, c'est à peu près tout pour l'instant... Vision utopique d'un retour aux responsabilités, et d'une reconnaissance due aux victimes...

Posté par SylvainT à 14:21 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 décembre 2007

Le crash (3) - Relativiser...

Se dire, ça aurait pu être pire...

Avoir des nouvelles des amis qui galérent à trouver du taf' (pas à chercher, non, ça tout le monde peu tle faire, mais bien à trouver!) m'a permis, paradoxalement, de relativiser beaucoup de choses.

Ca m'encourage à faire un point sur ce que je fais, ce que je suis capable de supporter, et surtout sur la chance que j'ai de n'avoir que ma guérison à penser. Mon retour dans la boîte, je ne sais pas quand ce sera, je sais juste que ma place est gardée en attendant mon rétablissement, et c'est déjà beaucoup.

Un souci de moins. Et en ce moment, j'en ai bien suffisamment. Entre l'assurance qui chipote et prend son temps, et les visites inopinées aux urgences, j'ai été gâté cette semaine... A chaque jour suffit sa peine... Et en ce moment, il y a des jours tous les jours...

Je tiens le coup, bon an, mal an, et je m'accroche à l'espoir de retrouver toutes mes capacités, de repartir au guidon d'une nouvelle Varadero, de reprendre la voile et la plongée... Un jour prochain...

Posté par SylvainT à 14:19 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2007

Le crash (2) - Coup de pied au train

J'en avais bien besoin

Besoin d'être secoué, besoin qu'on me dise ce que je savais déjà sans vouloir l'admettre: je ne peux rien faire, rien décider dans cette situation

Ce sont les toubibs, et le processus de guérison qui vont décider pour moi dans les prochains mois

Bien sûr, je suis comme tout le monde, je souhaiterai pouvoir accélérer les choses, reprendre le contrôle des évènements, diriger ma vie vers la direction que je souhaite

Mais voilà, les choses ne vont pas comme on le souhaite parfois

Trouver quelque chose à faire, quelque chose auquel je n'ai pas encore pensé, quelque chose que je ne connais pas encore peut-être...

Réaliser quelque chose, voilà ce qui me manque aujourd'hui, et depuis l'accident. Avoir le sentiment d'être utile, à moi, mais aussi aux autres peut-être

Mais d'abord à moi... Réaliser quelque chose qui me donnera un sentiment d'être capable de le réaliser. Je ne sais pas encore de quoi il s'agira, maisje trouverai bien, maintenant que j'ai le temps

Le temps. Pendant des années, j'ai cru en manquer, ne pas disposer de tout le temps dont j'avais besoin pour faire tout ce que je pouvais faire. Et bien voilà une leçon: parfois, on a tout le temps que l'on souhaite, et plus, mais on ne sait pas quoi en faire parce qu'on ne peut pas faire ce que l'on souhaite

Eviter les "et si...", éviter la culpabilisation, c'est difficile, mais c'est ce qu'il va me falloir affronter maintenant

Dans un premier temps, les cadeaux de Noël, des réalisations vidéos peut-être. Des diaporamas musicaux, des screen-savers persos pour remercier mes amis, ceux qui m'ont soutenu, écouté, et surtout supporté depuis l'accident

Comme on me l'a rappelé récemment (merci pour la leçonClin d'oeil), c'est dans les moments difficiles que l'on réalise sur qui l'on peut vraiment compter. Et je suis tombé bien bas en ce qui concerne certaines personnes, comme j'ai été agréablement surpris par d'autres. Merci à eux, à ma famille, à  mes collègues de travail, à mes amis motards et voileux pour les témoignages de soutien, les heures passées au téléphone et sur internet, à m'écouter, et à me donner conseils et soutien. Cette expérience, je ne l'oublierai pas, et je n'oublierai pas ces personnes et les efforts qu'ils ont fait pour moi

Ce genre d'expérience vous pousse parfois à vous accrocher aux autres comme à une bouée de sauvetage. En ces heures de tourmente, des mains se sont tendues, et j'espère être un jour suffisamment disponible pour renvoyer l'ascenceur, même si je souhaite de tout cœur à ces personnes de ne jamais en avoir besoin. Paradoxal? Sans doute

Je sais que je voudrai apporter soutien et réconfort à ceux qui en ont fait autant pour moi si un jour ils en ont besoin. Mais je leur souhaite tout le bien que leur bonté de cœur mérite, et je préfèrerai de loin leur rendre visite pour les remercier que pour avoir à les soutenir à mon tour car cela voudrait dire qu'ils souffrent à  leur tour

Merci à tous, et spécialement à l'initiatrice de ce coup de fouet, ce coup de pied au train salutaire, venu à point nommé, au moment où je commençais à sombrer comme jamais auparavant

Posté par SylvainT à 14:16 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2007

Le Crash

Après onze ans de permis, il a fallu que ça arrive... Un lundi, jour maudit entre tous, mon chemin a croisé celui d'un jeune au volant d'une C2.

Le lendemain de l'accident, j'envoyais un message à Michel pour le mettre au courant. Il a tout de suite posté un message sur le forum.

<<Salut, ce matin j'ai recu un SMS de Sylvain ( Varatoutdroit ) je vous retranscrit le SMS tel qu'il m'est arrivé:

Petit service à te demander. Tu peux poster un message 3 de chute pour moi dans le sujet de Bouc Bel-Air et celui du week-end suivant ?
Je ne serais pas en état de rouler pendant qlq temps. Je suis aux Urgences de Marignane depuis hier soir.
Billard ce matin, multiples fractures tibia- peronné. J'suis victime d'un refud de prioritéà Vitrolles. La vara est dans un triste état.
Je vous raconterais . Désolé pour l'heure matinale et bonne journée à toi.


Il est fou ce mec, il est désolé de me déranger  Shocked  Shocked , j'ai y tordre la tête quand je vais le voir ....
Je vais essayé de prendre contact avec lui en fin de journée ou demain. Fait chier que je ne peux pas bouger sinon je descendrais le voir ( j'irais surement Samedi )

Quoiqu'il arrive des que j'ai des infos, je vous tiens au courant. >>

Sacré Michel, un type en or!

Hospitalisation, opération et une petite visite de Julien et Philippe au passage, qui fût l'occasion d'une bonne tranche de rigolade au milieu de ces journées pénibles, notamment d'une vidéo embarquée assez exceptionnelle... Jugez plutôt par vous-mêmes à la fois le sujet sur le forum, et la vidéo

Le message de Josh
<<
Bah si Sylvain avait eut internet il auraut fait lui même le Cr mais là j'ai du le remplacer.

Voici la demande de Sylvain au tel:

moi:"on vient te voir samedi tu veux quelquechose ? magazine ? clopes ?

Sylvain: "non apporte une clé de 10 on fera des caméra embarqué"


moi:  Shocked "ok" (bon je pense que Sylvain a pris un choc sur la tête)

Puis hier me voyant arriver avec la clé de 10

Sylvain: "Ah cool on va pourvoir monter le bras">>

Le message de Philippe
<<
Nous avons passé un super moment avec Varatoudroit  hier après midi.
Le moral est bon même si sa jambe est encore douloureuse .Plus de 25 points, une entaille de presque 30 centimètres sur le devant de la jambe et un tibia brisé menu.
La vara c'est pas pour demain. Il va falloir laisser du temps aux os  pour qu'ils se consolident mais .....il va y revenir Wink
Il a récupéré son ordinateur portable et va bientôt commencer à nous élaborer son CR . cela nous occupera pendant les longues soirées d'hiver Laughing  Laughing
Normalement il devrait se reconnecter à son domicile Samedi prochain. Razz
Je mets un lien Picassa concernant le Making of du tournage de la vidéo embarquée sur le déambulator
c'est par là  Arrow


http://picasaweb.google.fr/bati26400/MakingOfCameraEmbarquE>>

Je vous livre la copie du CR telle quelle, je n'ai pas le courage de détailler plus avant.

<< Lundi après-midi… Pfouuuu, que la journée est longue… Vivement qu’elle se termine, et que je puisse rentrer chez moi. Je ferai un détour par Vitrolles, vu le mistral qui souffle dehors… Je préfère prendre cette route-là. Ca me rallonge de quelques kilomètres, mais je prends le vent de face ou de dos, et très peu par le travers. Et puis la vue sur l’étang de Berre est sympa, ça me détendra.

En plus, avec mes protège mains, je sentirai moins le froid. Je les ai montés samedi et je les ai essayés ce matin. Un vrai régal !

Bon, allez, c’est l’heure. Tour de cou, blouson, casque, gants… J’ai rien oublié ? Non, bon, impeccable. Me voilà parti

Bon sang, c’est vrai que ça souffle ! J’ai bien fait de pas prendre par l’Estaque, prendre le vent de trois-quarts en redescendant, c’est un coup à se mettre dans le décor. Et l’A55 avec le vent de travers, sans commentaire ! Pas envie de me prendre un camion non plus.

Allez, on négocie le grand virage pour passer sur l’A7, passage de Vitrolles. C’est qu’il y a du monde à cette heure-ci. Allez, je me cale sur un petit 90, histoire de rester dans la partie fluide du trafic.

Hop, c’est là que je sors. RN113. Bon, ça a l’air de ne pas trop avancer non plus en sortie de Vitrolles… Je vais ralentir et me caler sur un petit 60/70, histoire de pas prendre de risque avec le vent qui vient de face et de laisser le temps aux caisseux de me voir arriver… Les pauvres, ils doivent galérer… Hein ? C’est quoi ça ? Meeeeerd !

Version texte de ce qui vient de se produire : je descend sur Vitrolles tranquillement, quand tout à coup, une voiture arrive sur ma gauche, en franchissant allègrement la ligne blanche, et se place à 90° de ma trajectoire. Je saute sur les freins, mais réalise tout de suite que je ne pourrai jamais m’arrêter à temps, même à 70. Coup d’œil à droite : impossible de me dégager, coup d’œil sur la voiture : [zut], je suis droit dans la portière et il y a une passagère. Je modifie légèrement ma trajectoire pour me prendre plutôt sa roue et éviter de me prendre sa portière et le toit de sa voiture. Craaaaac ! Ca y est, c’est parti ! La moto s’écrase dans sa roue avant et je me sens décoller, suivi par la Vara. Le tout a dû prendre moins de 3 secondes !

Oh bon sang, ça va faire mal ça ! Allez, on essaie de se recevoir proprement. Je me désolidarise de la moto qui vient de s’envoler. Je n’ai pas la moindre idée de la hauteur à laquelle je suis monté, mais le vol me paraît interminable, quand je reprend contact une première fois avec le sol. Ouch, ça fait mal ! Je décolle à nouveau, et je rebondis encore une fois avant de me mettre à rouler deux ou trois fois sur moi-même, pour finir quelques mètres plus loin sur le dos. Au moins, je suis toujours conscient. Mini check-list. Je sens encore mes bras et mes jambes, je baisse les yeux, OK, je suis encore entier. Je me redresse… Aaaaaaah, non ! Très mauvaise idée. Je sens les os de ma jambe gauche frotter et la douleur remonte jusque dans mes épaules. OK, je ne bouge plus. Je ne sens plus la douleur de ma jambe, que je sais déjà fracturée. Petit bilan : je dois avoir la jambe cassée, j’ai mal au côté droit dans l’abdomen. Et [zut] ! Mais qu’est-ce qu’il foutait là celui-là ?

Un témoin arrive : « Monsieur, vous allez bien ? »
« Non, pas franchement »(Oui, bien sûr, je me sens très bien, c’est juste que j’adore me coucher au milieu d’une nationale aux heures de pointe. Ca me détend… Vous avez d’autres questions bêtes ?)
« Monsieur, prenez ma main, serrez la… Vous êtes resté conscient ? Ne vous inquiétez pas, le secours sont prévenus, ils vont arriver »

Première bonne nouvelle ! Ouf, je suis rassuré. Au moins, quelqu’un a eu le réflexe de prévenir les pompiers.

Le bon samaritain me tient le crachoir en attendant l’arrivée des pompiers, qui seront particulièrement rapides. Ou alors, ma perception du temps est complètement faussée.
Il connaît bien cette route. Il me dit qu’il est motard aussi (Oh le menteur, je l’ai entendu descendre de voiture…).

J’ai froid, j’ai mal, et j’entends le caisseux arriver à côté « Je suis désolé, je ne vous ai pas vu arriver. Je l’ai pas fait exprès »
(Sans blague ? Encore heureux qu’il ne l’a pas fait exprès, il manquerait plus que la saison de la chasse aux motards soit ouverte !)

La police arrive et prend la situation en main. Je n’aurai pas l’occasion de leur parler, j’en entendrai juste un dire au conducteur de la voiture qui tente de se justifier : « Ecoutez monsieur, de toute manière, rien ne justifie de franchir une ligne blanche. Sous aucun prétexte vous n’aviez à couper cette ligne blanche ! »

Il me semblait bien aussi qu’il n’avait rien à faire là…

Les pompiers arrivent, je suis encore groggy, sous le choc de l’accident, je revis les secondes qui ont précédé le choc et celles qui l’ont suivi. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. D’où la voiture est sortie, ni où elle comptait aller…

« Bonjour monsieur, je suis pompier, ne vous inquiétez pas, on s’occupe de vous. »

Le bon samaritain se relève, me souhaitant bon courage. Je ne sais pas si les policiers ont pris son témoignage, ni même s’il avait vu l’accident ou était trop loin pour voir quoi que ce soit…

« Monsieur, vous avez perdu connaissance ? »
« Non, non, je suis resté conscient tout le temps… »
« Vous savez comment vous vous appelez ? »
Ben, oui, j’y donne mon nom, mon numéro de sécu et le numéro de téléphone de mes parents en Bretagne au cas où…
« Vous savez quel jour on est monsieur »
« Oui, un lundi…C’est un jour de [zut], donc c’est forcément un lundi… »
« Il faut qu’on vous pose une intraveineuse, est-ce qu’on peut couper votre blouson ? »
« Ben, oui, s’il le faut vraiment… »

Coups de ciseaux. Ils galèrent pour découper la manche et la doublure (c’est qu’il fait frais, et puis c’est du Bering !)

« Votre pantalon aussi il va falloir le découper, de même que vos chaussures. »
« Allez-y, coupez ce qu’il faut, mais faites gaffe quand même avec vos ciseaux… Visez bien… »

L’un des pompiers me pose l’aiguille, celui qui se tient près tient de ma tête me dit : « Vous avez de belles veines, c’est pratique pour vous piquer »
« Oui, j’ai toujours eu beaucoup de veine… »
« Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Mais au moins, vous gardez le sens de l’humour, c’est bien. »
« Ben, de toute façon, je suis à terre, mais au moins je suis vivant. Je ne vais pas pleurer non plus… »
« En tout cas, heureusement que vous étiez bien équipé, votre blouson vous a sans doute sauvé. Et le casque aussi ! »

Oui, sans doute. Une petite pensée de remerciements aux ingénieurs de chez Bering et Airoh, qui se défoncent pour sauver la vie aux inconscients qui roulent à moto. Je ne suis même pas sûr qu’ils sachent le nombre exact de vies que leur travail permet de sauver chaque jour !

Les infirmiers prennent toutes leurs mesures : sat’, température, pouls, etc… Palpation et confirmation d’une fracture. C’est le médecin qui évaluera la gravité quand il arrivera. En attendant on papote. Je comprends bien qu’ils essaient de me garder conscient mais de toute façon, j’ai trop mal pour avoir envie de dormir.

Le médecin arrive enfin, en renfort des pompiers et à bord d’un second véhicule.

« Bonsoir monsieur, je suis le docteur »
« Bonsoir docteur, je suis la victime… Vous m’excuserez si je ne me lève pas… »

Et c’est reparti pour les questions habituelles. Rebelote, je lui décline mon état-civil, mon adresse, mon numéro de téléphone, mon numéro de sécu, le numéro de mes parents… Grand chelem quoi.

Palpation de ma jambe, prise de mesures à nouveau. Ma sat’ s’est effondré depuis la première prise semble t’il (si quelqu’un sait ce que ça veut dire, je suis preneur de la traduction, j’ai rien compris… Je ne savais même pas que j’étais équipé pour recevoir le satellite. Si j’avais su, je n’aurai jamais acheté un décodeur TNT. Je me serai branché direct sur la télé…

Allez, on m’enlève le casque. Je leur confie mes lunettes, qu’un pompier glisse dans la poche de sa veste.
« Heu, attendez, c’est un modulable, le verrou se trouve sous la mentonnière »

Le pompier tâtonne, mais ne trouve pas.
« Bougez pas, je vais le faire. » Je déverrouille le casque et relève la mentonnière. »C’est comme Dark Vador, mais sans les jets de vapeur… »
Grand sourire du pompier responsable de la manutention de ma tête, qui se prépare à m’enlever le casque. Il écarte bien la calotte et me le retire, pendant que son collègue me maintient la tête dans l’axe, le temps qu’on me glisse un collier cervical.

Allez, maintenant, c’est le moment douloureux : ils me soulèvent pour me glisser dans une coquille pour le transport vers l’hôpital. Le trajet sera très rapide, avec la sirène qui ouvre la voie. Et nous voilà arrivés à la clinique de Marignane.

Les pompiers me confient aux services d’urgence. Je les remercie encore et leur souhaite bon courage pour le reste de leur garde. Avec le mistral et la circulation sur la route, ils vont sans doute avoir une soirée chargée…

Le personnel des urgences est très accueillant, très sympathique et très professionnel. Ils achèvent définitivement mon pantalon. Dommage, mais après tout, ce n’est que du tissu.

« Alors monsieur, où avez-vous mal ? »
Je leur fait le bilan des diverses douleurs que je ressens depuis le choc, et je finirai par passer plusieurs examens (radios de la jambe bien sûr, mais aussi bassin, poignet, échographies de l’abdomen et du bas-ventre…) A la lecture des clichés, le résultat est prononcé : Fracture déplacée et plurifragmentaire du 1/3 moyen de la jambe gauche, contusion abdominale droite associée ainsi que deux autres contusions. Ca promet.

Pour le rest, vous connaissez la suite: une opération, 12 jours d'hospitalisation, 2 mois d'immobilisation ferme et grosses galères en perspective sur le plan administratif, surtout quand on ne peut pas se déplacer...

Je vous mettrais les photos un peu plus tard. Là, le CR m'a un peu crevé. Je vais me reposer les doigts...

Enfin, je ne voulais pas finir mon CR sans remercier la police et les pompiers, mais aussi les témoins qui se sont arrêtés, et l'équipe de la clinique de Marignane (surtout Stéphanie, Christine, Séverine, Annick, Soraya... et toutes les autres infirmières, presque toutes plus charmantes et agréables les unes que les autres)>>

J'en profite pour remercier sincèrement et profondément tous ceux du forum et d'ailleurs qui m'ont soutenu et me soutiennent depuis ce jour-là, me poussant à remonter la pente quand je commence à sombrer. Sans tous vos messages d'encouragements, je ne sais pas si je saurai être assez fort pour tenir le coup. Alors merci pour tout. Vous êtes vraiment formidables et je ne sais pas comment vous remercier...

Posté par SylvainT à 19:00 - La route - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1