Balades à moto et réflexions sur la route

31 octobre 2011

La peur, l'appréhension

Pour une fois, je ne m'appuierais pas sur un article pour réagir à l'actu, mais je voulais réagir aux conversations que j'ai eues ces derniers temps avec des motard(e)s Lyonnais(es).

Les motards peuvent être perçus comme de gros durs, des tatoués, à la virilité exacerbée. Mais derrière ce mythe se cache une réalité. Tous, à un moment ou à un autre, nous avons peur. Et le reste du temps, nous vivons dans l'appréhension de ce que peut faire un autre usager.

Surveiller le regard des autres usagers dans leurs rétros, s'assurer d'être vus pour éviter de se mettre en danger... Anticiper la route, les réactions potentielles des autres, cela fait partie du quotidien du motard, et c'est ce qui nous permet de nous mettre relativement en « sécurité », en se ménageant une marge de manœuvre ou un échappatoire.

Le côté bravache, celui du motard ou de la motarde qui ne lambine pas, qui sait essorer la poignée de gaz, qui frotte ses cale-pieds, qui use son pneu au-delà de la bande de peur... C'est un mythe que nous entretenons tous. Oui, il nous arrive de vivre des sensations fortes. Parfois, quand les conditions s'y prêtent, nos cale-pieds frottent, même à allure réduite... Parfois aussi, lorsqu'il n'y a personne sur la route, nous sommes tentés d'ouvrir les gaz.

 Mais derrière tout cela, il y a des hommes et des femmes comme tout un chacun. La seule chose qui nous différencie des autres usagers, c'est l'absence de protection. Dans un monde hyper-sécuritaire, la moto nous offre des sensations que ne connaitront pas les automobilistes.

 En liaison directe avec notre environnement, malgré la morsure du froid, malgré la pluie ou le vent, il y a toujours un motard qui roule quelque part. Et sa quête, c'est celle des sensations justement. Se faire peur, ça fait partie de la moto, et certains n'ont pas honte de l'admettre.

 Sont-ils des lopettes pour autant? Personnellement, je ne pense pas. Avoir peur, c'est une réaction saine, qui nous pousse à éviter de nous mettre en position de danger exacerbé.

 Apprendre la chute d'un copain, être témoin d'une sortie de route, rendre visite à un motard accidenté, cela fait partie des raisons qui nous poussent à rester raisonnables, à mettre l'accent sur notre équipement, à adopter un comportement responsable. Il y a une expression que j'ai lu quelque part et qui résume bien cet été de fait: « A moto, c'est quand on commence à prendre de l'assurance qu'il vaut mieux en avoir souscrit une bonne ».

 Cet adage, c'est celui que nous adoptons tous, même si nous jouons parfois les bravaches, les provocateurs, devant les autres motards. Mais c'est surtout une façon de 'intégrer, d'adopter l'image du motard.

 Celui qui vous dit qu'il n'a jamais expérimenté cette angoisse, qu'il est sûr de lui et de sa capacité à « piloter », c'est bien souvent un motard avec peu d'expérience. Les « vieux motards », eux, savent... Ils ont vu les dégâts... Ils ont parfois une boule dans la gorge dans certaines situations...

 Mais ils s'appuient surtout sur l'expérience collective pour éviter de se faire déboîter sous le nez, de se faire couper la route...

 Certains se posent parfois la question: « à quoi bon? Est-ce que je ne serais pas mieux en voiture? ». Et puis ils reprennent le guidon, dévorent du bitume, et le virus fait son chemin, jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus se passer de leur guidon.

 Certains, dont je fais partie, ont payé un tribut à notre passion commune. Pour quelques-uns, les conséquences ont été dramatiques. Pour d'autres comme moi, retrouver un guidon a été une récompense.

 Mais pour nous tous, c'est la peur qui nous saisit parfois, qui nous étreint de son embrassade glacée. Cette peur qui nous sauve peut-être, qui nous pousse à limiter les risques sûrement.

 Alors, la prochaine fois que vous croiserez un motard, même s'il joue les gros bras, rappelez-vous que, tout comme vous, il a peur parfois. Qu'il doute, tout comme vous, mais qu'il continue à rouler, tout comme vous. Quand il vous double, ou vous « dépose », il n'a pas moins peur que vous.

 Quand vous le croisez et échangez un salut, c'est aussi le courage de cet homme ou cette femme auquel vous rendez hommage, et cela quelle que soit la cylindrée de sa machine.

 Alors, amis motards, je finirais juste en vous disant « courage », tenez bon le cap et continuez à avoir peur, à appréhender la route. Ainsi, les autres auront toujours le plaisir de vous croiser et de bavarder avec vous, de rouler avec vous, et d'arriver au bout de la balade sans gros bobo...

 V

Posté par SylvainT à 22:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]


15 octobre 2011

Interfile - L'idée fait son chemin

Lu sur MotoMag, un article qui réagit aux propos de Claude Guéant, le M Sécurité Routière du gouvernement.

« La circulation interfiles mérite d’être regardée avec intérêt. En Belgique, cette pratique n’a pas généré d’accidents supplémentaires. Nous avons une relation apaisée avec le monde de la moto, nous pouvons aller dans ce sens. »

"Regardée avec intérêt"... Certes, cette formulation est un peu floue, et n'engage pas le ministre à avancer dans le sens réclamé par de nombreux représentants du monde motard, mais au moins, ces propos ouvrent la porte au dialogue avec les motards.

L'interfile, ce sujet a été maintes fois débattu, et ses avantages et risques présentés et rabachés à loisir par les médias, les officiels, les associations de défense des usagers ou autres représentants des victimes de la route. Il n'en reste pas moins que cette pratique est utilisée dans de nombreuses agglomérations, qu'elle rentre petit à petit dans les moeurs entre deux opérations de verbalisations à la volée...

Le code de la route reste vague à ce sujet. Et de nombreux PVs sont établis chaque année, certains se voyant par la suite annulés.

La position du ministre a au moins l'avantage d'avancer vers une légifération sur le sujet. Que ce soit pour interdire ou officialiser la pratique, au moins la situation sera plus claire. Mais avant de crier "au loup", pourquoi ne pas demander au ministre justement d'organiser une table ronde où tout le monde soit représenté? Aussi bien les motards que les autres usagers? Et pourquoi ne pas observer ce qui se fait dans d'autres pays, où la pratique a effectivement fait l'objet d'une législation, qu'elle ait pour résultat d'autoriser la pratique comme en Belgique, ou de l'interdire comme dans de nombreux états américains?

Pour ma part, ma position est claire: j'attends de lire les propositions avant de me prononcer, de lire des propos réellement étayés par des faits et non pas des cris d'orfraie au nom de principes... Comme de nombreux motards, je pense que la circulation interfile, à condition qu'elle soit pratiquée avec bon sens et non pas n'importe comment (en frôlant les voitures à tombeau ouvert comme on le voit parfois, heureusement rarement), est une pratique utile. Mais elle exige justement d'être objectivée, et de faire l'objet d'un enseignement auprès de tous les usagers de la route afin qu'elle soit socialement acceptée.

La porte est ouverte à la discussion. La balle est au milieu du terrain, il reste à voir qui sera le premier à s'en saisir, puis ce qu'il en fera. En cette période de coupe du monde de rugby, j'espère juste que l'essai sera marqué puis transformé et que l'on saura enfin à quoi s'en tenir.

Posté par SylvainT à 12:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

11 septembre 2011

Prévention en milieu scolaire

J'entends et je lis souvent qu'il existe en France un manque de prévention et de formation, au profit d'une répression à tout-va. Mouais... Mais ces personnes sont elles informées de ce qui se fait réellement, des politiques de formation et de prévention mises en oeuvre? J'en doute en lisant des sites peut-être mieux informés.

Sur Eduscol par exemple, on trouve de multiples exemples et ressources disponibles en ligne. Ces ressources sont destinées prinicpalement aux éducateurs et enseignants, mais accessibles au grand public.

Ainsi,ces ressources et informations peuvent permettre à tous ceux qui pensent qu'il existe un manque de formation et de prévention, et que celles-ci doivent être mises en place dès le plus jeune âge, afin de motiver les enseignants de leurs petites têtes blondes à mettre en oeuvre les instructions on ne peut plus officielles. Le cursus scolaire en France intégre ainsi une partie d'éducation à la sécurité routi_re (APER, ASSR, BSR...). Alors, plutôt que de râler, autant choisir de s'impliquer directement, de prendre en main, dans une certaine mesure, le destin et l'avenir des usagers de la route en devenir que sont les enfants et adolescents, mais également s'informer.

Il exise égalemant un portail dédié, Education-Sécurité-Routière. Sur celui-ci, outre les textes réglementaires, se trouvent de nombreux exemples de projets et animations déjà mises en place dans le milieu scolaire. Et en plus, les acteurs de ces projets ont estimé le résultat suffisamment positif pour choisir de partager leur expérience et mettre à disposition les informations concernant leurs projets.

Alors, la prochaine fois que vous estimerez que la formation et la prévention sont insuffisante, allez donc faire un tour sur ce site, et allez voir l'instituteur, le professeur principal ou le conseiller d'éducation de votre ou vos enfants, et voyez ce que vous pouvez faire pour l'aider à mettre en place un prohet similaire. Ou contactez votre antenne locale de la FFMC pour leur proposer de les mettre en contact avec les responsable de l'établissement scolaire dans le cadre du projet ERJ-2RM...

Parce que mine de rien, l'éducation, c'est l'affaire de tous! Et que chacun peut apporter sa pierre à l'édifice... J'ouvre donc une nouvelle catégorie intitulée "Prévention routière en milieu scolaire", que j'alimenterais avec des infos sur le sujet.

Posté par SylvainT à 07:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]